colloque « Produire et consommer dans les limites de la biosphère »

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Date(s) - 19/03/2013 - 20/03/2013
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colloque "Produire et consommer dans les limites de la biosphère"

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Le mercredi 22 août 2012, à 131 jours de la fin de l’année, le réseau Global Footprint signalait que l’humanité avait utilisé son « budget » de ressources naturelles pour l’année 2012. Cet indicateur, basé sur le concept développé par le groupe de réflexion britannique New Economics Foundation permet de conceptualiser l’écart entre ce que la nature peut régénérer et ce qui est requis pour alimenter l’activité humaine. En d’autres termes, cela signifie qu’en à peine 8 mois, nous avons utilisé les ressources naturelles renouvelables et la capacité de séquestration de CO2 que la planète peut durablement supporter cette année. Pour mémoire, l’année dernière, la date du « jour de dépassement global » était le 27 septembre.

La prise de conscience du caractère fini de notre planète, si elle est sujette à discussion quant aux échéances et aux alternatives, est ancienne et mobilise un nombre croissant de contributeurs. C’est la suite logique de la mobilisation en faveur d’un développement durable dont la représentation la plus commune a parfois oublié cette dimension. Et ce, même si, dès 1979, René Passet, dans «L’économique et le vivant», proposait un schéma représentant le développement durable au moyen de sphères enchâssées plutôt qu’entrecroisées, rappelant ainsi l’évidence : pour l’heure, la société humaine et l’économie ont pour socle commun le tissu vivant de la planète.

Le colloque Natureparif – Humanité & Biodiversité et la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et pour l’Homme s’inscrit dans cette vision. Nous avons souhaité démontrer, exemples à l’appui, qu’il est possible de repenser nos modes de production et de consommation. Parce que l’être humain est une espèce parmi d’autres, nous avons choisi de présenter ces cas en les organisant autour des besoins vitaux communs à tous les êtres vivants : se nourrir, se loger et se déplacer. Nous présenterons des mécanismes qui peuvent favoriser ces transitions, les pratiques privées et les politiques publiques qui peuvent catalyser ces changements.

PROGRAMME:

Mardi 19 mars

8h00 -9h      Accueil des participants

9h-9h30
• Anne-Marie DUCROUX Présidente de la section de l’environnement du CESE
• Liliane PAYS, Présidente de Natureparif
• Hélène GASSIN, Vice-présidente de la région Ile-de-France chargée de l’Environnement, de l’agriculture et de l’énergie
• Hubert REEVES, Président d’Humanité et Biodiversité

9h30- 10h : Conférence d’introduction : Pour une économie au service de la nature et des humains
Jacques WEBER, économiste, anthropologue et Robert BARBAULT, professeur d’écologie à l’Université Pierre et Marie Curie, directeur du département écologie et gestion de la biodiversité du Muséum national d’Histoire naturelle
10h – 12H30 : Plénière 1 – Croissance et monde fini, limites et seuils
«Celui qui pense qu’une croissance infinie est possible dans un monde fini est soit un fou…soit un économiste » Kenneth Boulding. Les acteurs économiques ont-ils conscience de cette contrainte fondamentale ?
Ouverture : Croissance et monde fini, limites et seuils
Geneviève AZAM, économiste, Université Toulouse II, Conseil Scientifique de l’association Attac

 

  • États des ressources, rythmes d’usage et de prélèvements, limites et seuils critiques, capacités : panorama des limites de la planète

Sebastian WINKLER, Directeur de Global Footprint Europe

  • Transition des filières économiques : quelles réorganisations ? Quels nouveaux indicateurs de mesure ?

Julien MILANESI, maitre de conférences en sciences économiques, Université Paul Sabatier, Toulouse
11h – 11h20 pause
« Quelles sont pour vous les actions prioritaires à mettre en œuvre pour la transition écologique de l’économie ? »
Débat avec l’ensemble des participants animé par Yvan MALTCHEFF
12h30- 14h : Déjeuner offert sur place

14h – 16h40 : Plénière 2 – Les solutions sectorielles : quelles transitions par secteurs d’activités ?
PARTIE 1 – Se nourrir : la filière agroalimentaire
La filière agroalimentaire comprend l’agriculture, l’industrie agroalimentaire et la distribution des produits (plateformes logistiques, grande distribution, marchés). Face à l’augmentation des besoins, comment produire durablement, en favorisant la biodiversité ? Quelles mesures pour lutter contre la spéculation sur les matières premières, le gaspillage, l’uniformisation génétique des cultures et des races, ou encore l’inégalité des partages, comment transformer les pratiques ?
Témoignage vidéo d’Olivier DE SCHUTTER*, Université libre de Louvain, Belgique

Ouverture : Mondialisation et spécialisation de l’agriculture et leurs effets pervers
Jean-Marc Meynard, INRA

  •   Les producteurs : pourquoi faut-il diversifier les modèles agricoles (agroforesterie ; rotations culturales ; agriculture urbaine) et raccourcir les filières de distribution ?

Duo : Marie-Monique ROBIN, journaliste et réalisatrice et Yves FRANCOIS, élu à la Chambre d’Agriculture de l’Isère

  • Les enseignes de distribution : de quels produits avons-nous vraiment besoin ? Les consommateurs à l’épreuve du marketing industriel

Duo : Matthieu LAMBEAUX, directeur général de FINDUS et Bruno GENTY, président de France Nature Environnement
Partie 2 – Se loger : la filière du bâtiment et de la construction
Faut-il construire plus ou faut-il construire mieux ? A l’heure où l’artificialisation se fait durement sentir et où les arbitrages relatifs à l’utilisation de l’espace sont de plus en plus tendus, le secteur du bâtiment est dos au mur. Bien plus que de simples mesures vertes, une transition de fond s’impose vers la production des matériaux locaux et valorisables (recyclage, bio-sourcing) ainsi que vers de nouvelles formes d’architecture et d’aménagement favorables à la biodiversité.

Ouverture : comment lutter contre le « gâchis foncier » et réduire l’empreinte énergétique des bâtiments ?
Françoise-Hélène JOURDA, architecte

  • L’enjeu des matériaux de construction : recyclage et réemploi, matériaux géo et bio-sourcés…

Duo : Christophe Jozon président de la commission recyclage de l’Union Nationale des Producteurs de Granulats et Bernard BOYEUX, Président de l’association Construction & Bio-ressources
16h – 16h20 Pause

 

  • Décentralisation et mix énergétique : les stratégies nouvelles

Duo : Catherine FOULONNEAU, déléguée Stratégie, GrdF et Raphaël Claustre, directeur du Comité de Liaison Energies Renouvelables (CLER)

16h40 – 17h30 : Eclairage – Pauvreté et transition écologique de l’économie

  • Pauvreté, inégalités et transition écologique de l’économie

Martin HIRSCH, président de l’Agence du Service civique


17h10 – 17h30 Débat avec la salle

Mercredi 20 mars

8h30-9h30 Accueil des participants

9H30 – 11h30 : Plénière 3 – Produire autrement : changer les processus et les logiques industriels


La fabrication des produits nécessite toujours plus de matières premières (mines, carrières, terres rares) accroissant les prélèvements naturels. Si certains économistes avancent que les gains de productivité stabiliseront la demande, d’autres, à l’instar de Jevons, qui a donné son nom à l’effet rebond, réfutent cette thèse ! Les appareils consomment moins, mais leur usage s’intensifie, et la consommation de ressources en valeur absolue augmente…

Ouverture : Les processus industriels et la gestion des filières tels qu’ils existent majoritairement aujourd’hui contribuent à la destruction des ressources et à la surproduction, comment changer les mécanismes ?
Emmanuel DELANNOY, directeur de l’Institut Inspire

  • Les paradoxes des mutations de l’industrie.

Philippe FREMEAUX, alternatives économiques

  • L’obsolescence programmée : les stratégies industrielles et commerciales sont-elles fondées sur le gaspillage ?

Annelaure WITTMAN, référente Modes de production et de consommation responsables, association des Amis de la Terre

10h30 – 10h50 Pause

  • La place de l’économie circulaire dans le territoire

Pascal HARDY, dirigeant d’iNex (opérateur d’écologie industrielle), membre de l’Institut de l’Economie Circulaire.


11h10- débat avec la salle

11h30 – 12h30 : Plénière 4 – Quels outils de régulation pour réussir la transition écologique ? (partie 1)
Il n’existe aucun mécanisme d’encadrement et de régulation qui soit pleinement satisfaisant. Il convient donc plutôt de mettre en œuvre une palette de mesures pour encadrer l’économie. Passage en revue d’outils à même de susciter des changements de comportements, avec les leviers opportuns (incitatifs ou dissuasifs).
Ouverture : panorama des instruments de régulation pour mettre en œuvre la transition de l’économie
Harold LEVREL, économiste à l’IFREMER

  • Comment et qui définit les normes, les limites à l’utilisation de la biosphère ?

Gilles MARTIN, Professeur à l’Université Nice-Sophia Antipolis et à Science Po Paris


12h30 : Débat avec la salle Déjeuner offert sur place

14h – 14h15 Témoignage
Allain BOUGRAIN-DUBOURG, président de la Ligue pour la Protection des Oiseaux

14h15 – 16h : Plénière 4 : Quels outils de régulation pour réussir la transition écologique ? (partie 2)

  • Réformer la comptabilité des entreprises : vers un bilan biodiversité

Joël HOUDET, Responsable éditorial et scientifique de l’association Synergiz

  • Comment penser une fiscalité écologique tout en maintenant la compétitivité des entreprises ?

Guillaume SAINTENY, fiscaliste, Ecole polytechnique

  • Au-delà des systèmes monétaires conventionnels, quels mécanismes alternatifs au service d’une économie sociale et écologique ?

Wojtek KALINOWSKI, co-directeur de l’Institut Veblen pour les Réformes économiques


15h15 : Débat avec la salle puis pause

16h – 17h30 : Plénière 5 – Comment assurer la transition écologique en temps de dette ? Investissements et emploi


Le changement de pratique a nécessairement un coût : faire évoluer les techniques, repenser des filières entières, accompagner la transition vers de nouveaux emplois, etc. Or, la situation économique actuelle bride les investissements publics et privés. Comment et par quels instruments remettre la finance au service de la transition écologique et de l’emploi ?

Ouverture : Transition écologique et crise de la dette : comment s’en sortir ?
Jean-Marie HARRIBEY, économiste, Université de Bordeaux, membre du conseil scientifique de l’association Attac
Les enjeux de la reconversion écologique pour le travail et l’emploi
Dominique MEDA, Professeur d’université à Paris Dauphine et titulaire de la chaire « Reconversion écologique
Pour un new deal écologique
Alain LIPIETZ, Economiste, chercheur, député européen
Débat avec la salle

17h30 – 18h Conclusion